Navigation

Accueil Blog

Rechercher

Concilier vie de famille et vie en caserne : ce qu'en disent les gendarmes

Photo de profil de Seb Par Seb
24 juin 2025 4 min de lecture 3,713 vues
Guide complet : Concilier vie de famille et vie en caserne : ce qu'en disent les gendarmes
Partager cet article :

La vie en caserne fait partie intégrante du quotidien de nombreux gendarmes. Entre permanences et disponibilité quasi permanente, la question se pose naturellement : comment concilier vie de famille et vie professionnelle lorsque l'on vit sur son lieu de travail ?

Sur le forum G comme Gendarme, plusieurs militaires ont partagé leurs expériences et conseils dans une conversation. Ce qui en ressort est à la fois rassurant et inspirant. Nous avons synthétisé les échanges ici.


La caserne, un vrai chez-soi (ou presque)

Contrairement à l'image rigide que l'on pourrait s'en faire, la vie en caserne offre une certaine liberté. Comme le dit une gendarme féminine :

« Si j’ai envie de me balader en maillot de bain pour traverser la cour... je le fais. »

Aucun réveil en fanfare, pas de levée de drapeau obligatoire à l’aube : le rythme de vie est défini par les horaires de service, pas par un protocole militaire permanent. Une fois la journée terminée, chacun rentre chez soi... même si ce « chez soi » est à 50 mètres du bureau.


Une vie de famille possible et protégée

La caserne accueille les familles. Compagne ou compagnon, enfants, animaux : tout le monde peut cohabiter dans les logements attribués. L’un des messages du forum résume bien la situation :

« Ta compagne et tes enfants vivant avec toi en caserne feront leur vie comme s’ils étaient à l’extérieur. »

Les logements sont réellement habitables. Il est possible de les aménager, d’y inviter famille et amis (en prévenant la hiérarchie pour des raisons de sécurité), et d’y vivre une vie tout à fait normale.


Un environnement favorable aux enfants

Les casernes sont perçues comme un cadre sécurisant pour les enfants. Lieux fermés, communauté soudée, camaraderie entre familles : les enfants grandissent dans un environnement protégé, souvent entourés de copains de leur âge.

Une maman raconte :

« Ma fille traversait la cour pour aller jouer avec les enfants du voisin... elle savait que si j'étais d’astreinte, un collègue pouvait la garder. »


Mutations et adaptabilité : une vie en mouvement

La vie de gendarme implique des mutations régulières. Plusieurs familles expliquent que ces changements, bien que parfois pesants, sont aussi sources d’ouverture.

« Trois départements en cinq ans, deux déménagements... Nos enfants se sont bien adaptés, ils sont sociables, s'intègrent vite. »

Pour les enfants, c’est l’occasion de découvrir de nouveaux environnements, d’apprendre à s’adapter, et de développer une réelle ouverture d’esprit.


Une communauté soudée, avec ses avantages (et ses limites)

La vie en caserne, c’est aussi vivre au contact d’autres familles de gendarmes. Cela crée une entraide forte : babysitting entre collègues, coups de main, sorties communes...

Mais comme dans tout milieu fermé, il peut aussi y avoir des tensions ou des commérages.

« Tant qu’on ne rentre pas dans ce jeu-là, tout se passe bien. »


Vie privée et disponibilité : un équilibre à trouver

Même si les gendarmes ne sont pas en service 24/7, la disponibilité reste une règle : astreintes, interventions en urgence, permanence de jour ou de nuit... Cela peut compliquer la gestion familiale, notamment pour les couples avec enfants en bas âge.

Mais les quartiers libres (soirées libres), les astreintes déclenchables avec délai et les organisations internes permettent généralement de s’organiser.


Une vie différente, mais riche de sens

Vivre en caserne avec sa famille, ce n’est ni un sacrifice ni une corvée. C’est une forme de vie à part entière, rythmée par les obligations du métier, mais aussi porteuse de solidarité, de simplicité, et d’une ambiance unique.

Avec un peu d’organisation, de dialogue en famille et de tolérance envers ses voisins, cette vie partagée peut devenir une expérience familiale enrichissante... et un souvenir marquant pour les enfants comme pour les parents.

Dernière mise à jour : 01 déc. 2025 Tagué dans : brigade
🎯

Besoin de plus de ressources ?

+10 000 leçons et QCM pour réussir ton concours

Commencer gratuitement

3 Commentaires

Laisser un commentaire

Ton email ne sera jamais publié ni partagé. Il servira uniquement pour te notifier des réponses.

Anonyme Invité

Je vis également en caserne de gendarmerie depuis 10 ans et je rejoins malheureusement les précédents commentaires : quel enfer ! Nous avons vécu dans trois casernes différentes, et les problèmes se répètent systématiquement. Premièrement, la répartition des logements est parfois incompréhensible. Des logements avec balcon sont attribués à du personnel qui ne vit pas à l’année en caserne (célibataires géographiques), tandis que les familles qui y résident toute l’année se retrouvent régulièrement dans des appartements sans extérieur. Nous avons toujours eu le sentiment qu’il n’y avait aucune logique dans l’attribution des logements. Ensuite, il y a les problèmes liés à l’état des logements : humidité, mauvaise isolation phonique, logements parfois clairement insalubres… Nous avons également deux enfants. À chaque départ et retour de mission, la caserne se transforme en véritable « baisodrome ». À tel point que nous faisons régulièrement en sorte d’être chez les grands-parents avec nos enfants afin qu’ils n’aient pas à entendre l’intimité de couples qui se soucient malheureusement très peu des familles vivant à proximité. L’entraide, quant à elle, est quasiment inexistante. Nous ne sommes plus dans les années 80 : aujourd’hui, les conjoints et conjointes de gendarmes travaillent également. Il est donc beaucoup plus difficile de compter sur les autres familles pour aider à gérer les enfants pendant les missions. Concernant les rencontres et la vie collective, l’accélération des plannings et les nombreux déplacements, notamment en mobile, ne laissent plus vraiment de place à la vie sociale. Il y a de moins en moins de pots d’arrivée ou de départ, ou alors ils sont regroupés et organisés entre deux moments, à la va-vite. Les fêtes d’Halloween, les repas de Noël et autres moments conviviaux ont quasiment disparu. Finalement, les familles ne se rencontrent plus. Bref, après 10 ans en caserne, il nous reste encore 7 ans avant la première retraite. Évidemment, mon conjoint la prendra avec plaisir. Nous cherchons d’ailleurs déjà notre future maison, avec l’envie de vivre enfin en paix, loin des nuisances sonores et de l’insalubrité de certains logements. Après toutes ces années, nous avons simplement hâte de retrouver un peu de tranquillité et une vraie qualité de vie.

0
Madame X Invité

Mon mari est gendarme mobil et, depuis le début de sa carrière, nous vivons en caserne. Malheureusement, notre expérience est très difficile. L'isolation phonique est catastrophique. Nous entendons absolument tout de nos voisins : les portes qui claquent, la musique, les éternuements, les allées et venues aux toilettes, les conversations et même les moments les plus intimes (puisque ma très chère voisine crie de toute ces forces jusqu'à une simulation digne des plus grands films...). Depuis la naissance de notre fille, nous savons que ses pleurs peuvent parfois déranger nos voisins, même si ce sont simplement les pleurs d'un bébé. Cela ajoute énormément de stress et d'anxiété au quotidien. Heureusement, notre fille fait désormais ses nuits, mais ce n'est pas notre cas : nous continuons à être réveillés par les bruits provenant des appartements voisins. Et le combe nos voisins réveille notre fille par leur ébat intimes et les claquements de porte (passage au toilette et douche après chaque moment intime). Nous avons essayé d'en parler, mais cela n'a rien changé. Élever la voix est compliqué, car dans une caserne, la vie professionnelle et la vie privée sont étroitement liées. Aujourd'hui, nous n'avons qu'une seule hâte : quitter cet enfer de la vie en appartement. Notre départ pour une brigade est prévu dans deux ans, et nous espérons de tout cœur obtenir une maison ou investir l'extérieur.

0
Mélissa Invité

Cet article me laisse sans voix... Il ne doit pas en exister beaucoup comme celle-ci. Nous ne parlerons pas ici des casernes mal entretenues où vous devez refaire tout l'appartement lorsque vous arrivez si vous souhaitez vivre dans un cadre acceptable, des murs pratiquement en cartons où vous entendez les autres enfants pleurer le jour mais surtout la nuit... Vous parlez de disponibilité permanente. Voici les faits qui m'ont été rapportés par une gendarme maintenant maman. Vous pensez que votre collègue qui a déjà 2 ou 3 enfants va garder le ou les vôtres pendant toutes vos astreintes ? Si on vous appelle à 2 h du matin, vous allez courir lui déposer ? Si vous ne pouvez pas rentrer le récupérer le soir, disponibilité oblige, il va courir au dernier moment chez la nourrice ou à la garderie de l'école ? Vous connaissez beaucoup de nourrices qui gardent les enfants la semaine et le week-end ? Non, certainement pas, alors si vous êtes d'astreinte le week-end qui va garder vos enfants si vous n'avez pas le bonheur d'avoir papy ou mamie sur place ? Cette gendarme a dû prendre et payer 2 nounous, une pour la semaine et 1 pour les nuits d'astreinte ce qui fait qu'elle allait chercher son petit chez sa nounou le soir pour le déposer chez l'autre nounou pour la nuit et le matin rebelote, déposé chez l'autre nounou. Pour le week-end, elle devait le déposer dans sa famille à plus d'une heure de route le vendredi pour aller le récupérer le dimanche soir. Vous trouvez que c'est une vie pour un petit enfant et pour sa mère ? Quant à la nounou de nuit, je vous mets au défi d'en trouver une car elles ne sont pas nombreuses. Voilà ce qu'est la réalité de la vie d'un couple de gendarmes avec les astreintes de chacun. Quant à l'aide de la gendarmerie, elle a bien compris qu'elle devait s'en passer. Ce n'est pas leur problème. Et elle n'a certainement pas trouvé votre caserne de rêve. Ce n'est pas à l'école de gendarmerie qu'on vous expliquera ce qu'est la réalité sur le terrain. Il faut aimer le métier pour supporter tout ça.

0

Articles qui peuvent t'intéresser

🚀

Prêt à réussir ton concours ?

Rejoins la Prépa G comme Gendarme et accède à plus de 10 000 leçons, mini-leçons et QCM. Suis ta progression et travaille sur tes points faibles.

Commencer gratuitement

Gratuit • Pas de carte bancaire requise

Préparez votre concours efficacement
S'inscrire
Document PDF